Voilà. One year ago, je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. Je ne pouvais même pas imaginer de quoi ces quinze pages parleraient. Tous ces souvenirs maintenant tous empilés dans ma tête. Je disais "Allez, 2007, c'est la bonne", et je ne croyais pas si bien dire.
Je crois que ça portait sur la diminution du budget chaussures, de la bouffe, du bus, et d'autres conneries du genre.
Mais ma pauvre fille, que t'étais loin du compte ! Loin ...
Je cours toujours après le bus le matin. Je suis toujours folle de chaussures. Et c'est pas ça qui compte. C'est Mido, sa façon de conduire qui te fait sérieusement envisager l'idée de rentrer en pièces détachées. Ces rues désertes florentines à la lumière des réverbères, nos talons qui claquent, nos rires qui résonnent. Cette nuit vénitienne où l'on a failli finir congelées. Mes premières vacances toute seule. Cette nuit à danser jusqu'à sept heures du matin, ce russe très spécial, et moi pom pom pelep prête à partir en after en before en standbye, voyant le soleil se lever sur la mer. Cette parenthèse incroyable avec cette retrouvaille just unbelievable. Cette journée, anéantie, au Heaven. Puis le bonheur d'étudier à dix minutes de Saint Lazarre et des grands magasins. Toutes ces questions bizarres auxquelles je n'avais pas de réponse et qui s'éclaircissent au fur et à mesure. Ces nouvelles peurs. Ces gens qui font désormais partie de ma vie. Cette tête qui se remplit d'images, d'odeurs, de dialogues, de mots étranges ( genre "iznenadenje" ) ...
Mais voilà, c'est déjà fini. Ca veut rien dire, c'est qu'un pauvre chiffre sur un calendrier, c'est comme les anniversaires, dans le fond, on le sait bien qu'on n'a pas pris un an en une nuit. Mais je sais pas, je veux pas que cette année se finisse. Je veux pas défaire le sapin. Ca paraissait tellement loin, 2007, quand je me disais "oui, c'est sur, ce sera mon année. Il va se passer quelque chose. C'est obligé." Et maintenant, c'est derrière. Enfin presque. C'est puérile, mais je donnerais beaucoup pour changer de fuseau horaire et étirer cette journée le plus possible.
Je sais pas. Je veux pas. Pas dix-huit ans, même si concrètement ça ne changera rien à ma vie. Pas deux mille huit, même si c'est qu'un nouvel éphéméride déjà acheté. Cette course est perdue d'avance, oui, je sais. On gagne pas contre le temps. Ce putain de truc qui ternit les souvenirs, ride les visages, et ne s'arrête jamais. Jamais. Mais c'est comme ça, je cours quand même.