Here I am.

Here I am.
Pas disparue, j'étais à Rome. Atterri hier, mais va me falloir encore un petit moment pour redescendre sur terre.

[Tutte le buone cose non devono finire per forza .. Bisogna etc ... ]
# Posté le vendredi 08 février 2008 19:27

Nothing left.

Contexte : partiels la semaine prochaine. Malade depuis une semaine. Envie de vomir causée par overdose de chocolat il y a deux minutes. J'étais même pas déprimée en plus. Not proud of me.
Temps partagé en deux moitiés : la première à dormir, la deuxième à émerger en essayant de cacher que j'émerge. Les deux en plein dans mes rêves. Erasmus, vacances, partir. Partiiir (avec la voix et les gestes de Gad pour 'la drooogue'. Bref.) En plein travail d'autopersuasion. Je mérite mieux. Je vais y arriver.
Je me mets à citer high school musical dans mes moments de détresse, à manger du pain beurre fromage comme quand j'avais cinq ans, à changer mes classiques (parce que Notting Hill ça y est, je crois que si tu me dis "52ème minute" je peux te réciter le film à partir de là), à marcher avec des talons de 11 centimètres parce que je te jure ça immunise, de là haut on se sent en pleine sécurité (même si ça nique les pieds), à devenir radine (mais aussi marre de l'inflation de la cafèt de Clignancourt, c'est scandaleux), à observer les gens dans le métro en me disant que si ça se trouve l'homme de ma vie y est, à gratter des Banco en espérant devenir riche, à passer des millions d'heures sur Internet, à devenir insomniaque.

Rien à dire mais l'envie de le dire. C'est fait.
# Posté le vendredi 11 janvier 2008 13:32

Two thousand and eight.




Voilà. One year ago, je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. Je ne pouvais même pas imaginer de quoi ces quinze pages parleraient. Tous ces souvenirs maintenant tous empilés dans ma tête. Je disais "Allez, 2007, c'est la bonne", et je ne croyais pas si bien dire.
Je crois que ça portait sur la diminution du budget chaussures, de la bouffe, du bus, et d'autres conneries du genre.
Mais ma pauvre fille, que t'étais loin du compte ! Loin ...
Je cours toujours après le bus le matin. Je suis toujours folle de chaussures. Et c'est pas ça qui compte. C'est Mido, sa façon de conduire qui te fait sérieusement envisager l'idée de rentrer en pièces détachées. Ces rues désertes florentines à la lumière des réverbères, nos talons qui claquent, nos rires qui résonnent. Cette nuit vénitienne où l'on a failli finir congelées. Mes premières vacances toute seule. Cette nuit à danser jusqu'à sept heures du matin, ce russe très spécial, et moi pom pom pelep prête à partir en after en before en standbye, voyant le soleil se lever sur la mer. Cette parenthèse incroyable avec cette retrouvaille just unbelievable. Cette journée, anéantie, au Heaven. Puis le bonheur d'étudier à dix minutes de Saint Lazarre et des grands magasins. Toutes ces questions bizarres auxquelles je n'avais pas de réponse et qui s'éclaircissent au fur et à mesure. Ces nouvelles peurs. Ces gens qui font désormais partie de ma vie. Cette tête qui se remplit d'images, d'odeurs, de dialogues, de mots étranges ( genre "iznenadenje" ) ...
Mais voilà, c'est déjà fini. Ca veut rien dire, c'est qu'un pauvre chiffre sur un calendrier, c'est comme les anniversaires, dans le fond, on le sait bien qu'on n'a pas pris un an en une nuit. Mais je sais pas, je veux pas que cette année se finisse. Je veux pas défaire le sapin. Ca paraissait tellement loin, 2007, quand je me disais "oui, c'est sur, ce sera mon année. Il va se passer quelque chose. C'est obligé." Et maintenant, c'est derrière. Enfin presque. C'est puérile, mais je donnerais beaucoup pour changer de fuseau horaire et étirer cette journée le plus possible.
Je sais pas. Je veux pas. Pas dix-huit ans, même si concrètement ça ne changera rien à ma vie. Pas deux mille huit, même si c'est qu'un nouvel éphéméride déjà acheté. Cette course est perdue d'avance, oui, je sais. On gagne pas contre le temps. Ce putain de truc qui ternit les souvenirs, ride les visages, et ne s'arrête jamais. Jamais. Mais c'est comme ça, je cours quand même.


Two thousand and eight.
# Posté le lundi 31 décembre 2007 13:13
Modifié le jeudi 03 janvier 2008 10:02

Je vais quand meme y réfléchir.



Peut-être devrais-je me jeter du haut d'un pont.

(La clarté orne les pensées profondes.)
Je vais quand meme y réfléchir.
# Posté le dimanche 25 novembre 2007 11:57

[You and I]

Il fait super froid ici ; je suis recroquevillée sur ma chaise et cachée dans mon gros gilet noir, Joe Cocker enfilé dans les oreilles, dans une position qui me vaudra certainement de belles courbatures demain, voire des crampes dans la nuit, déjà bien entamée.
Ils se lassent de la chaleur là-bas, il est une heure de plus, et Il a disparu. J'ai renoncé à comprendre. Ou plutôt, je brûle toujours d'envie de tout comprendre, mais j'ai renoncé à espérer une réponse. Ce qui, somme toute, est assez différent.

J'ai réalisé il y a peu combien tout ça aurait pu être extrait d'un scénario à l'eau de rose, que l'on qualifierait volontiers de complètement irréaliste. Sauf que c'est la vraie vie, qu'on est deux à l'avoir vécu, et que je suis peut-être la seule à m'en rendre compte. Le problème, ou du moins la divergence majeure avec ce scénario, c'est qu'il est supposé finir en happy end du genre "Il vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants."
En conte de fées moderne, ça donne à peu près : "Il décida de quitter son pays pour aller la rejoindre, apprit le français pendant qu'elle finit ses études. Ils se fiancèrent, puis elle obtint un poste en ***, où elle put exercer son métier d'interprète de conférence méga bien rémunéré, qui lui permit de prendre son congé maternité dès sa deuxième année d'exercice. Elle eut des jumeaux, qu'elle appela Rose et Alex. Leur existence fut comblée de bonheur à tous les deux. Il mourut de vieillesse, mais elle ne lui survécut pas longtemps, tant son amour la pressait à le rejoindre. [...] "

Ok. Attention, prépare-toi à l'atterrissage ma vieille. Bienvenue dans le monde réel, où les choses ne se passent pas (du tout) comme ça. Distance IS a hurdle high enough to push your story to a end.
Et tu vas devoir te débrouiller pour oublier tout ça (rapidement). Il va falloir apprendre que ce n'est pas Superman, et que tu n'es pas Wonderwoman. Vous allez chacun reprendre le cours de votre petite vie, et un jour tu recevras peut-être un message t'invitant à son mariage, ou un genre de faire part de naissance (certainement électronique, vu que je doute qu'il aie mon adresse postale. Passons.) Tu seras supposée le féliciter. Et tu ne devras pas penser à ce qui aurait pu être, si il n'y avait pas deux mille kilomètres entre vous, si tu avais pu choisir du pays dans lequel tu vivrais, si, etc .
Nous sommes donc seulement deux êtres à peu près normaux, qui avons eu la chance de vivre une histoire extraordinaire. Point barre. Fin de l'histoire. Point de rebondissements géniaux.

En fait, c'est ça : je devrais être actrice. Ca me permettrait de vivre ce que je ne vivrai jamais, de voyager (...), et surtout ça m'éviterait d'être moi vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Parce que je m'aime bien, je pense pas être trop conne, ni super moche, ni archi chieuse. Mais c'est lassant. D'avoir toujours le même espoir débile, d'être toujours si excessive, tant et si bien que je peux d'avance prévoir la réaction à venir, qui sera selon toute logique exactement l'extrême inverse de la précédente au rebondissement suivant. Et puis c'est lassant de toujours se fourrer dans la même merde. "Mais Charlotte, tu pourrais pas te trouver un Français, qui habite près de chez toi ?" . Ben oui quoi, si je pouvais du jour au lendemain me mettre à aimer les petits chabertins blonds aux yeux bleus et très français, ce serait super pratique.
Sauf que voilà. Je suis moi. Et c'est pas ça que j'aime. C'est lassant, parce que ça ne changera pas. J'ai besoin qu'on parle pas la même langue, et il se pourrait même que la distance soit un critère. Inconsciemment. Etre l'ailleurs de quelqu'un, c'est sympa, non ? Quand c'est toi, la pièce rapportée exotique de son histoire. "L'exception française." En tant que moi, j'aurai donc toujours ces raisonnements paradoxaux et tarabiscotés, je continuerai à vouloir l'exotisme et la stabilité, le beurre et l'argent du beurre (oui elle était facile, mais c'est l'heure) ; et les mêmes questions reviendront, les mêmes souvenirs, les mêmes doutes, et la même tronche tous les matins. Voilà. Il y a des périodes où je me trouve fatigante pour moi-même, alors par décence j'évite de trop m'étaler devant les autres. Mais cette nuit, jai décidé de vous fatiguer.

[Des mots jetés comme des notes sur un piano de bois.]
[You and I]
# Posté le samedi 17 novembre 2007 21:36
Modifié le samedi 17 novembre 2007 21:59